Interview de Georges Zumelaga - Le poulet et la morue

    07/11/2018

Publié par Aquiprint | Catégories : Aquiprint , Edition

Interview de Georges Zumelaga - Le poulet et la morue

Lorsque je rencontre Georges Zumelaga sur le parking d’Aquiprint, je l’identifie immédiatement. Il serre contre lui son livre « Le poulet et la morue », comme un trésor que personne ne peut lui ôter des bras. Nous échangeons quelques mots de présentation avant de s’installer l’un face à l’autre. Il me confie avoir préparé l’interview avec son épouse, peu coutumier de ce type d’exercice. Mais derrière son air réservé et sa voix posée se cache un monsieur à la vie emplie d’expériences.
Une partie de son cœur est d’ailleurs restée au Yémen, pays où il vécu avec sa famille et exercé sa fonction de gendarme 4 années durant. Amoureux de sa région, il s’inspire de Bordeaux et de ses environs pour développer ses intrigues. Intrigues qui, sans sa carrière qui a marqué sa vie, n’auraient pas la même saveur. Échange avec un monsieur passionnant et passionné.

1- Vous êtes un ancien gendarme, on imagine que vos romans trouvent leur inspiration dans des enquêtes que vous avez menées. Qu’ajoutez-vous comme ingrédients à vos romans qui n’existaient pas lors de vos enquêtes ?

D’abord de l’humour. C’est assez rare d’interroger une personne en réalisant des jeux de mots et en plaisantant avec son avocat par exemple. Ensuite, je crée des lieux, décris des endroits qui existent mais en ajoutant certains détails inventés. 

2- Si vous deviez avouer une ressemblance, serait-ce plutôt avec Sébastien ou Jo ? Pouvez-vous nous expliquer ?

Je ressemble davantage à Jo. Dans mon roman, « Le poulet et la morue », Sébastien est policier. J’ai exercé le métier de gendarme durant 35 années, j’y ai connu de très bons moments. J’ai participé à des événements policiers de toute nature : contrôles, arrestations, chasse à l’homme, autopsies, maintien de l’ordre. Je l’ai fait contre nature, mais je l’ai fait. Jo le romancier me correspondrait davantage dans ce sens où j’aime ces instants d’écriture, de descriptions, de feuille de papier vierge, d’inventivité.

3- Avez-vous des rituels d’écriture ? Des horaires ? Un endroit favori ?

J’aime écrire des romans policiers en hiver. Pendant cette période, je suis plus libre, moins de jardin, moins de petits-enfants à garder. Je travaille mes textes à mon bureau, souvent l’après-midi, entouré de documentations et de dictionnaires des synonymes. Je récupère l’actualité, je m’en réfère.

4- Pour vous, que représente l’écriture ?

Pour moi, l’écriture, sans faire de mauvais jeux de mots, c’est l’évasion. Je dois faire preuve d’imagination, créer des personnages, inventer des lieux, faire des recherches sur Internet ou sur l’actualité.

5- Avez-vous toujours écrit ou est-ce votre vie professionnelle qui vous en a donné l'envie ?

J’ai toujours écrit des poèmes, des chansons. Je continue même pour mes petits enfants. Dans la gendarmerie, on écrit beaucoup. Au début de ma carrière, j’utilisais la machine à écrire. Je reste admiratif des anciens qui écrivaient leurs rapports à la plume. L’écriture était belle, distinguée. Par la suite, deux écrivains m’ont conseillé d’écrire, François Fuentes et Christian Cetoix.

6- Tenteriez-vous d’écrire dans un autre registre ?

Non, le polar me plaît. Il existe un rapport à mon ancienne profession.

7- Si vous deviez choisir entre votre carrière d’écrivain et votre carrière de gendarme, pour laquelle opteriez-vous ?

J’aurais aimé être écrivain, mais je ne regrette pas mon parcours de gendarme qui m’a permis de voyager et de découvrir les méandres et les misères de la vie.

8 - À travers le titre de votre livre « Le poulet et la morue », nous sentons bien un double sens… 

Le but de la manœuvre était effectivement de faire ressortir la cuisine portugaise et la réalité de la vie avec la prostitué et le flic.

9- Qu’éprouvez-vous lorsque vous mettez un point final à vos romans ?

De la satisfaction. La satisfaction d’être le créateur d’une histoire. J’ai donné vie à cette histoire. J’en ai fait le dénouement et l’épilogue, dans ma bonne ville de Bordeaux où je suis né.

10- Et lorsque vous avez votre livre entre vos mains ?

J’aime ce côté tactile, ce touché, cette tendre caresse à mon « bébé ». Puis je me mets à la place du lecteur… qui est le coupable ?

11- Une phrase de fin ?

L’hiver approche. Il me tarde de me mettre dans la peau de Jo le bordelais et faire vivre de nouveau les personnages dans une intrigue où il y aura, comme dans la vie, des gentils et des méchants.




Interview réalisée par Alexandra dans les bureaux d’Aquiprint

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